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Trois destinations de Montpellier


CHERS lecteurs et éventuels nouveaux visiteurs de notre belle ville Montpellier, nous vous proposons de découvrir trois lieux particulièrement appréciés.


Le jardin du Peyrou

peyrou


La Place Royale de Montpellier est tardive : elle est la dernière des Places Royales de France. Le projet décidé en 1685 n'est réalisé qu'en 1774. Si l'idée de l'édifier au lieu-dit le Peyrou remonte en août 1715, sa construction ne put être entreprise qu'en 1766.
Chef-d'oeuvre dominant tous les horizons, le jardin du Peyrou permet de se détendre et d'admirer un magnifique panorama. L'encadrement de ses lignes admirablement pures, la porte en arc triomphal, la statue équestre du Roi Louis XIV à la gloire duquel la place est érigée, la grâce des derniers enjambements de son aqueduc, son adorable château d'eau : tous ces éléments réalisent dans un ensemble architectural véritablement unique, l'une des plus belles promenades du Monde.
Bref, c'est un lieu voué, d'abord, à la flânerie, à la contemplation des lointains, au plaisir de humer "l'air le meilleur qu'il y ait en France, dans le meilleur aspect de l'univers".


Le château d'O


C'est au XVIe siècle que le château d'O voit le jour. La demeure du domaine de Villar, connue aussi sous le nom de Puech-Villa, fut agrandie au milieu du XVIIe siècle, et ce n'est que quelques années plus tard que l'oeuvre fut terminée avec l'ajout d'un jardin, ce qui en fit une résidence bourgeoise d'été comme il en existait beaucoup dans la région.
A la mort du propriétaire, Monseigneur Marie-Nicolas Fournier, Evêque de Montpellier, le château fut utilisé en 1905 comme asile d'aliénés.
En 1922, le château et son parc sont classés monuments historiques, mais ils sont laissés à l'abandon. C'est en 1958, date de l'acquisition du château par le Département, que débute sa restauration par le Conseil Général de l'Hérault.
En 1980, le Conseil Général de l'Hérault décide de faire du château un lieu artistique. Cette initiative prend son essor en 1987 avec la création du festival du Printemps des Comédiens. Ce festival, qui se déroule en juin, propose aujourd'hui de découvrir les cultures du monde à travers des spectacles.
Le Théâtre d'O, créé en 1990, permet au château d'accueillir des représentations toute l'année. Il est aujourd'hui un des hauts lieux de la création régionale. De même, le théâtre accueille chaque année, d'octobre à avril, plus de 6 000 spectateurs, et en mai, il offre aux enfants le spectacle "Saperlipopette, voilà enfantillage !".
C'est aussi depuis 1990 que le château d'O est le lieu d'exposition de nombreux artistes et écrivains.
Le château d'O est aujourd'hui, grâce à son Printemps des Comédiens, le deuxième rendez-vous annuel de l'activité théâtrale après Avignon.
Le parc du château n'est pas étranger à ce succès. Jean Antoine Giral, architecte de la province, à qui l'on doit de nombreux édifices publics montpelliérains, a fait de ce parc un modèle de l'art du jardin au XVIIIe siècle. Grand bassin, fontaines, jets d'eau ornent le parc qui se repose à l'ombre des pins, chênes verts et autres cyprès.
Le promeneur est alors subjugué par un tel enchantement, véritable théâtre en soi.


Le Jardin des Plantes

jardin


Fondé il y a 400 ans par Henri IV, par lettre patente du 8 décembre 1593, qui donna pouvoir à Richer de Belleval, médecin et botaniste de vingt-neuf ans, titulaire de la chaire d'Anatomie et de Démonstration des Simples, de le diriger. Celui-ci lui consacra sa fortune, son énergie et ses connaissances. Au départ, on y développa la culture des simples, plantes guérisseuses très répuEtées à l'époque. Puis, des plantes non médicinales furent ajoutées aux simples.
C'est l'un des lieux les plus beaux et les plus calmes de la ville de Montpellier. C'est le plus ancien jardin botanique de France. Il est accroché aux flancs de la vieille ville par le boulevard Henri IV.
Il fut conçu pour être le complément de l'Ecole de Médecine, dont il est encore aujourd'hui la propriété.
Au détour des serres et des allées, on y découvre les plus illustres botanistes d'Europe, dont de Candolle, Pellicier et Rondelet. Mais aussi, au pied de la Montagne Originelle, se dresse un monument à la gloire de Rabelais et de la "dive bouteille" ; derrière, on peut lire : "Vivez joyeux".
Après le décès de Richer de Belleval en 1632, se succédèrent à la direction du Jardin Magnol, de Candolle, Broussonnet, Sauvage, Gouan, Nissole...
Le botaniste Magnol fut le premier à classer les plantes par familles. Le botaniste suédois Linné lui rendit hommage en donnant le nom de magnolia à un arbre d'Asie et d'Amérique.
Au fond de l'Ecole Systématique se dressent depuis 1802, la serre Broussonnet, l'orangerie. Au fond de l'Orangerie de Candolle, datant du XIXe siècle, fut aménagé un jardin japonais.
La légende raconte que le poète anglais Edward Young aurait enseveli, de nuit dans le Jardin, sa fille Narcissa, morte de consomption au XVIIIe siècle. Le bosquet de Narcissa a fait rêver André Gide et Paul Valéry.
Le Jardin des Plantes abrite un ginkgo biloba vieux de trois siècles.
Mais le plus vieux chêne, âgé de 400 ans, et les conifères sont morts, à cause de la pelouse plantée à leurs pieds et favorisant le pourridié (champignon parasite).
De plus, en 1999, le budget de fonctionnement alloué par l'Université a diminué de 30 %.
Le Jardin des Plantes de Montpellier a fermé ses portes durant plus d'une année, pour une raison de sécurité. Après de nombreuses négociations, la ville de Montpellier a accepté de prendre en charge une partie des frais de gestion du Jardin. Enfin, l'Université Montpellier I et la mairie de Montpellier ont signé une convention qui définit l'intervention financière de ladite collectivité.

Diana BOUAYAD-AMINE