|

Des politiques d'habitat réduisant la consommation en énergie, en particulier en énergie fossile
REDUIRE la consommation en énergie dans l'habitat est un objectif qui satisfait les désirs immédiats des consommateurs et qui est aussi une nécessité en termes d'efficacité pour l'ensemble de l'économie dans la longue durée. Il est aussi nécessaire de réduire la consommation en énergies fossiles dans l'habitat (chauffage, climatisation, eau chaude...) afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre. La combinaison de ces deux objectifs se traduit par la nécessité de définir des techniques particulières, de faire en sorte que le marché puisse de lui-même favoriser le recours à ces techniques (avantage économique et financier à la substitution), et de mettre en place les politiques incitatives correspondantes. Ainsi, les pays qui vont doubler leur population dans les 25 années qui viennent, qui vont plus que doubler la surface urbanisée (ils pourraient plus que tripler la surface des grandes villes), pourraient par des mesures prises dès aujourd'hui réaliser des économies considérables et limiter les pollutions de manière importante pendant toute cette période de 25 ans.
C'est le cas de la Chine qui connaît un rythme extrêmement rapide d'urbanisation et qui doit selon les régions chauffer, climatiser ou faire les deux choses dans le même habitat urbain. Des méthodes de climatisation et de chauffage alternatives (en particulier par une architecture adéquate et le recours à de nouveaux matériaux) y sont utilisées dans le cadre d'une expérience conduite à Shanghai. L'objectif visé est :
- de définir les techniques utilisables,
- de former les architectes à l'utilisation de ces techniques dans leurs programmes,
- de définir les cadres réglementaires pour limiter l'usage des techniques non souhaitables,
- d'informer les acteurs économiques et en particulier les promoteurs et les banques afin qu'ils aient l'opportunité de changer leurs choix techniques, et enfin
- de définir les politiques publiques incitatives pour que l'adoption des nouvelles techniques et le respect des règlements s'effectuent le plus rapidement possible.
L'action publique se justifie pour différentes raisons : l'accroissement de bien-être public qui en résultera (au plan de la réduction des pollutions et des économies réalisées), l'aspect "infant industry", c'est-à-dire la prise en charge en partie des coûts d'apprentissage pour l'ensemble du secteur économique concerné (lancement de l'innovation), et enfin la rapidité de la transformation car tout gain de rapidité se traduit par des réductions de dépense et des réductions de pollution cumulées qui peuvent être d'importance significative pour l'impact environnemental à long terme.
Source : Cirad
|
|