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Rencontre avec le Professeur Henri PUJOL
LE Professeur Henri PUJOL est Président de la Ligue nationale contre le Cancer, et Président du Pôle Universitaire Européen. Il a eu la délicatesse de bien vouloir répondre à nos questions.
Pouvez-vous nous parler de votre travail au Pôle Européen ?
Avant moi, il y avait Mr Fisher. C'était un Prix Nobel. Il était bénévole. Mais il présentait un inconvénient : il habitait très loin.
Le Pôle était considéré comme un lieu de pouvoir, or c'est un lieu de services : nous sommes là pour rendre service aux étudiants, notamment étrangers. Nous réunissons des chercheurs qui ont des thématiques différentes : chimistes, biologistes... Ce que nous voulons, c'est donner aux jeunes l'envie de la science.
Le Pôle Universitaire Européen est un groupement d'intérêt public (G.I.P). Ses constituants sont les 5 universités du Languedoc-Roussillon (les 3 de Montpellier, celle de Nîmes, celle de Perpignan), l'IUFM, la Codige, Agropolis, le Département de l'Hérault, la Région Languedoc-Roussillon, la Ville de Montpellier et l'Agglomération de Montpellier.
Le Pôle Universitaire Européen sera amené à disparaître quand un organisme hiérarchiquement supérieur, le PRES, aura été mis en place, probablement avant l'échéance des deux ans.
Avez-vous l'intention de faire de la politique ?
J'ai fait de la politique en tant que maire d'une petite commune, Lanuéjols, de 1968 à 1995. Et là, j'étais très actif.
Qu'en est-il de l'évolution du rôle de la Ligue contre le Cancer ?
Auparavant, la Ligue avait pour action unique de recueillir des fonds : cela était très insuffisant. Aujourd'hui, il existe deux autres points essentiels :
- S'occuper des malades,
- S'occuper de la santé, de la prévention.
Il y a trente ans, on soutenait les malades, on les accompagnait en phase terminale. Aujourd'hui, il s'agit d'une prise en charge globale du malade, c'est-à-dire de son écoute, de son information, de son soutien psychologique, de son aide à la réinsertion...
D'un côté, il y a le droit des malades, de l'autre côté, il y a le devoir des médecins.
D'ailleurs, dans mon travail de chirurgien, j'ai développé un goût pour le pragmatisme, pour l'action. Il n'existe pas de chirurgie sans acte, précédé d'une réflexion. C'est un acte qui se déroule dans un schéma relationnel avec le malade.
Et à propos des progrès en cancérologie ?
En cancérologie, le progrès global est très lent, car il est hétérogène : pour certains cancers, on en guérit 50 %, alors que pour d'autres, seulement 10 %.
Et dans le cas précis du cancer du sein ?
Pour ce cancer, nous avons beaucoup progressé depuis 20 ans. La taille moyenne des tumeurs au diagnostic a baissé : dans les années 80, elle était de 3 cm ; aujourd'hui, elle est à peu près de 1,5 cm.
Le scandale de l'ARC a-t-il eu une influence sur les dons faits à la Ligue ?
Pendant deux ans, nous avons perdu 10 % à peu près des donateurs, que nous avons retrouvés par la suite. Au 31 décembre 2006, la Ligue nationale contre le Cancer comptait 725 000 adhérents ; à la même date, le comité de l'Hérault comptait 17 774 adhérents.
Quel fut le plus beau souvenir dans votre vie professionnelle ?
J'ai peut-être de la chance. J'ai beaucoup de bons souvenirs. J'ai une mémoire qui m'aide à oublier les mauvais souvenirs. Un de mes meilleurs souvenirs a été lorsque je fus nommé président de la Fédération de Lutte contre le Cancer en 1982. J'avais alors 52 ans. Rien ne vaut la reconnaissance de ses pairs. Ce n'est pas un titre, mais une fonction. Les hommes et les femmes n'aiment pas travailler pour une institution, mais pour quelqu'un qui représente cette institution.
Propos recueillis par Diana BOUAYAD-AMINE
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